Adopter un Corgi : Les besoins d’un chiot

Nous verrons ensemble dans cet article quels sont les différents besoins d’un chiot, et comment les satisfaire au mieux. A cet effet, je rappellerai quelques éléments de contextes sur le chiot, puis je vous exposerai les besoins physiologiques et psychologiques qui font consensus parmi les professionnels. Je tiens à ajouter dans cette courte introduction qu’en cas de doute sur le comportement de votre animal, la première chose à faire est d’en parler à des professionnels : éleveurs, vétérinaires, éducateurs canin.   

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Quelques éléments de contexte

La croissance d’un chiot Corgi est très rapide. A la naissance, le chiot corgi pèse entre 250 et 350 grammes. Il atteindra son poids de stabilisation aux alentours de ses 10 mois, qui peut varier de 10 à 16 kilos pour un mâle, et de 8 à 14 pour une femelle.

Cette période de croissance est remplie de changements morphologiques et fonctionnels très rapides et très importants : les oreilles se redressent, les dents de lait vont faire place aux dents définitives, les os grandissent, ainsi les organes et les muscles. A ce stade la croissance n’est pas terminée ! Elle continuera après la puberté, plus lentement : le chien continuera à solidifier ses cartilages, se muscler et à « éclater ».  Plus le chien est grand, plus ces facteurs sont durs pour l’organisme. Le chiot a des douleurs articulaires, dentaires, une digestion sensible, et dort énormément.

Pendant cette période, à l’aide des différents vaccins et de ses contacts avec le monde, le chien va également finaliser la construction de son immunité.

Psychologiquement, le chiot subit également de nombreux changements : il change de foyer et s’intègre auprès d’humains, fait des rencontres… tout cela contribue à déterminer le caractère qui s’affirmera ensuite à la puberté.

Il existe une part de traits génétiques et hérités socialement dans le caractère, mais l’éducation en est également responsable. S’il est nécessaire de respecter les changements morphologiques, il l’est tout autant de bien éduquer son chiot avant la puberté pour éviter au mieux les dérives comportementales.

Les premiers mois d’un chien sont donc probablement les plus importants pour la construction d’un individu équilibré et en pleine santé. Au cours de ces mois, il doit grandir en paix et dans de bonnes conditions, mais aussi apprendre les codes des humains et des chiens, et dépasser ses peurs ou son anxiété. C’est le rôle de ses maîtres de lui apprendre toutes ces choses ou de le mettre dans les situations permettant leur apprentissage.

Les besoins physiologiques

Dormir et se reposer

Ce besoin peut paraître évident, mais un chiot dort énormément : 18 à 20 heures par jour ! Cette quantité de sommeil est nécessaire à la construction de l’organisme qui consomme énormément d’énergie. Impossible de concilier une activité et ce sommeil, qui doit être impérativement respecté.

Hors véritable urgence, on ne réveille pas un chiot, et on le laisse se reposer autant qu’il le souhaite.

Même éveillé, un chiot a également besoin de temps de calme et de sérénité. Il peut parfois être pris par le jeu et se fatiguer au-delà de ses limites. Il convient aux maîtres d’être raisonnables sur les activités pour qu’il puisse récupérer.

Se nourrir

Manger

L’énergie utilisée pour la croissance est apportée par la nourriture, que le chien va transformer en masse musculaire, osseuse, et tissulaire. Il est donc important de se faire aider pour choisir une alimentation adaptée à l’âge, la taille, la race, et donc aux besoins nutritifs du chiot.

Changer d’alimentation doit être fait lors d’une transition douce pour éviter de traumatiser le système digestif du chien. Cette transition peut durer pendant 6 mois ! En termes d’alimentation, toutes les méthodes ont leurs tenants et leurs opposants. L’important reste qu’elle soit adaptée aux besoins complets de du chien.

Là encore, en cas de doute, il existe des professionnels du sujet auxquels il ne faut pas hésiter à faire appel.

Boire

De l’eau doit toujours être mise à disposition du chiot. Elle doit être changée régulièrement pour rester propre.

A trois mois, un chiot doit absorber deux fois plus d’eau qu’un adulte, soit 100 à 150 ml d’eau par kilo et par jour. Le besoin réduit progressivement pour arriver aux besoins adultes, 50 à 75 ml d’eau par kilo et par jour.

Il est à noter qu’un chien qui a de la nourriture humide boit logiquement moins qu’un chien qui consomme des croquettes, une partie de son besoin en eau étant satisfait par la nourriture.

Un chien déshydraté, et particulièrement un chiot, a les muqueuses sèches et/ou rose très pâles. En cas de déshydratation, il faut consulter immédiatement un vétérinaire !

Mastiquer

Les dents de lait, ou déciduales, sont complètes aux alentours de trois mois chez le chien. Cette dentition sera perdue progressivement de trois à six mois, causant des douleurs importantes au chien au niveau de la mâchoire.

Mâcher soulage le chien. C’est pourquoi il peut fréquemment avoir le besoin de mordiller et de mâchouiller des choses dures de manière à faire passer ses maux.

Aussi, plutôt que de le laisser manger vos meubles, des jouets spécifiques adaptés à la taille de sa gueule seront nécessaires pour satisfaire ce besoin.

Après la perte de ses dents de lait, le chien continue à avoir besoin de mastiquer. Ce besoin a plusieurs origines : nettoyer et entretenir sa dentition, notamment en limitant l’entartrage, et sécréter une hormone tranquillisante et donc s’apaiser. Là encore il convient de fournir un exutoire adapté à son besoin plutôt que de regretter les pieds de chaises sculptés de Mamie. Les bois de mue de cerf sont vraiment excellents pour cet usage, d’autres ustensiles peuvent néanmoins être trouvés en animalerie.

Se promener, et les « besoins naturels »

Un chiot a besoin de sorties régulières. Il ne peut se retenir plus de quatre heures, et doit avant la fin de ce délai pouvoir déféquer, au-delà, il y aura du ramassage à faire. Des pads d’éducation peuvent permettre de canaliser le chiot à un endroit, mais ce n’est qu’un pis-aller.

Ce besoin est également lié à la croissance. Le chien doit pouvoir développer ses muscles et sa physionomie et pour cela doit bouger suffisamment. Néanmoins, un chiot se fatigue très vite et les balades doivent avoir une durée de marche limitée.

Des balades avec impression de liberté, c’est-à-dire sans laisse, mais dans un environnement contrôlées sont également importante pour permettre au chien de jouer sans restrictions d’espace et renforcer sa confiance.

Les besoins psychologiques

Sociabiliser

Le chiot qui construit son caractère doit être sociabilisé. Par ce mot, il est entendu que le chien doit être mis au contact d’un maximum de gens, d’animaux et de choses possible, rapidement après son arrivée dans votre foyer.

Cette sociabilisation doit lui apprendre que le monde extérieur et les êtres qui y circulent sont quelque chose de chouette et pour lesquels il doit être enthousiaste un minimum. Naturellement, le Corgi est un chien curieux et sociable, mais ces aspects peuvent – voire doivent – être renforcés.

Le chien apprend aussi lors de la période de sociabilisation les codes des autres animaux : signaux d’apaisements, d’agressivité … Cet apprentissage est primordial pour l’animal ! Il doit donc rencontrer des congénères de toutes races, pour connaître leurs codes. Les grognements d’un chien brachycéphale (bouledogue, boxer…), peuvent par exemple passer pour des signes d’agressivité auprès d’un chien adulte s’il n’en a pas rencontré pendant sa période de sociabilisation.

Un chien peut durant cette période également construire des relations « d’amitiés » avec d’autres animaux ou des gens qu’il verra positivement bien après sans les considérer pour autant comme membres de son foyer.

S’il a des peurs, il convient d’utiliser si nécessaires des techniques de renforcement positif à apprendre auprès d’un éducateur. Un professionnel pourra vous aider à diagnostiquer les peurs de l’animal et les gestes pour l’aider à les surmonter et permettre au chiot de construire sa confiance en lui.

Enfin, il faut également ménager lors de cette sociabilisation, pour l’équilibre de l’animal, des moments privilégiés avec lui. C’est d’autant plus important qu’il y a d’autres animaux dans la maison. Attention, ceci ne veut pas forcément dire que vous devez coller l’animal à vous, certains chiens se satisferont de juste se coucher près de vous et recueillir quelques caresses.

C’est une étape cruciale de son développement en tant qu’individu. Il est conseillé de se rapprocher de quelqu’un de compétent pour l’aborder au mieux plutôt que de risquer des erreurs, a minima en emmenant le chiot dans une école du chiot et/ou des balades éducatives encadrées.

Eduquer

L’éducation d’un chiot est elle aussi primordiale, et est un besoin ! De l’éducation à la propreté en passant par l’apprentissage des ordres de bases (rappel, attente, rejet d’appâts …), le chien doit apprendre les codes de l’humain et de la vie dans le foyer. Il doit connaître les limites de sa relation avec son adoptant, limites qu’il s’efforcera probablement de tester à la puberté.

Si l’éducation est faite correctement, la cohabitation sera grandement facilitée et la vie dans le foyer apaisée.

Là encore, il s’agit de quelque chose de très important, et qui nécessite très souvent l’appui d’un professionnel.

Jouer

Le jeu, enfin, est également un des besoins primaires pour le chien. Il peut être l’appui de son éducation, permettre la satisfaction des instincts primaires, ou simplement un moment partagé entre le chien et l’humain. De nombreux jouets existent, et il convient de les choisir en fonction de la taille et de l’âge du chien, mais aussi de ses goûts !

S’abriter

Un chiot a besoin d’une place physique dans le foyer qui lui soit dédiée et dans laquelle il se sent en sécurité. Qu’il s’agisse d’un panier, d’une niche intérieure ou d’un varikennel, cet emplacement doit lui être réservé et tenu propre.

En conclusion

En conclusion, vous l’aurez compris, sur les 4 à 6 heures de veille du chiot, il faut répartir un grand nombre d’activités. S’occuper d’un jeune animal est une activité très chronophage qui demande un investissement important. Le consensus semble être d’une heure de jeux, une heure de promenade, une heure de sociabilisation ou d’éducation, et une heure de repas et de mastication. Cependant, ces propositions sont une indication et il faut moduler ces activités en fonction des goûts et de l’âge du chien, et si nécessaire – on ne le répètera jamais assez – en se faisant aider par un professionnel !

Pour aller plus loin

Il existe beaucoup de lectures sur le sujet notamment de la sociabilisation et de l’éducation. Les informations données ici sont issues de cours pris auprès d’éducateurs et comportementalistes canins certifiés, dont j’espère qu’elles nous pardonneront nos éventuelles imprécisions et erreurs, et des lectures suivantes que nous vous conseillons vivement :

Du Dr. Joël Dehasse :

  • Tout sur la psychologie du chien,
  • Mon Chien est heureux,
  • Changer le comportement du chien en sept jours, et
  • Pourquoi un chien intelligent fait il des choses stupides?

 

De Isabelle Vieira :

  • Comportement du Chien: éthologie et applications pratiques

 

Du Dr. Laurent Baudet :

  • Approche comparative du bien-être des chiens en captivité : influence de l’environnement physique et social sur le comportement 

 

De Turid Rugaas :

  • Les signaux d’apaisement : Les bases de la communication canine

 

Du Dr. Edith Braumont-Graff et de Nicolas Massal

  • Guide pratique du comportement canin